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La création du jardin botanique de Caen

Comment, il y a 300 ans, la faculté de médecine apprenait la botanique aux étudiants et cherchait de nouveaux remèdes ?

Au 17e siècle, l'enseignement de la médecine passe par la connaissance des plantes utilisées comme remèdes. Professeur de médecine à la faculté de Caen, Jean-Baptiste Callard de la Ducquerie (1620-1718) crée vers 1689, dans sa propriété, le premier jardin méthodique de Caen et réalise un catalogue des 559 plantes qui y sont conservées. Après sa mort, François Marescot lui succède comme professeur, mais il ne peut récupérer le jardin pour l'université qui a été installé dans une propriété privée. Marescot construit alors un autre jardin dans les fossés Saint-Julien, sur un terrain appartenant au curé. L'université cherche cependant à acquérir un terrain pour y installer un jardin pérenne.  En 1736, elle achète pour 3500 livres le « Jardin Bérard » situé à l'emplacement actuel du Jardin des Plantes. Noël-Sébastien Blot est chargé de son aménagement et de son entretien. Lors de son ouverture, en 1739, le jardin compte 3479 espèces qui sont cataloguées dans un manuscrit conservé aujourd'hui aux archives municipales de Caen.

Noël-Sébastien Blot étudie la botanique avec son ami Bernard de Jussieu (1699-1777), professeur de botanique au jardin du roi à Paris. Jussieu l’envoie même à plusieurs reprises en Angleterre pour aller chercher des plantes exotiques qui sont rapportées à Paris et à Caen. Nommé professeur de médecine et de botanique, Blot succède à Marescot en 1748. Cependant, l’université manque de crédits pour assurer l’entretien du jardin. Noël-Sébastien Blot y dépense sa fortune personnelle et meurt ruiné en 1758. Il est inhumé dans le cimetière Saint-Julien mais lors de la désaffection du cimetière, en 1785, sa pierre tombale est déplacée dans le jardin botanique où elle se trouve toujours.

Soutenu par Bernard de Jussieu, Charles-Nicolas Desmoueux (1728-1801) succède à Blot comme professeur de médecine. Il devient « préfet du Jardin » et même recteur de l’université en 1759-61. Grâce à des mécènes, il réorganise le jardin botanique qui devient le premier, après celui de Paris, à appliquer la méthode Jussieu.  En 1771, il n'existe en France que huit jardins de botanique. Avec 1500 plantes, celui de Caen est le plus important de province (3500 espèces à Paris). Il est réorganisé vers 1779, et les premières serres chaudes y sont installées. Le catalogue des 2619 plantes qui y sont conservées est publié en 1781.

Après la fermeture de l'université en 1791, l'entretien du jardin est confié au préfet puis à la ville de Caen. Georges Cuvier (1769-1832), le célèbre paléontologue, est installé comme précepteur dans une famille caennaise. Il herborise au jardin botanique et se plaint déjà, dans sa correspondance avec Christoph H. Pfaff, de la disparition de la biodiversité dans la plaine de Caen !

Depuis 1803, le jardin des plantes est devenu municipal mais les pharmaciens de l'UFR santé y travaillent encore parfois et l'université n'en a pas terminé avec les jardins puisque des serres existent sur le campus 1 pour l'enseignement et la recherche. L’université (à travers la MRSH), le département du Calvados, et la Fondation des Parcs et Jardins de France ont créé en 2013, avec le soutien de la DRAC de Normandie, l’Institut européen des jardins et paysages (IEJP) qui est un lieu de rencontres européennes et un centre de documentation. Ce projet a reçu le label « Année européenne du patrimoine culturel 2018 » décerné par le ministère de la Culture.

En 2020, les jardiniers de l'université ont identifié les arbres des campus et posé des cartels aux pieds des plus remarquables. Un plan-guide de l'arboretum permettra bientôt aux étudiants, aux personnels et aux visiteurs d'apprendre à les reconnaître.

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Dernière modification : 16 avril 2020



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